A LA TOUSSAINT, TOUT VIN EST SAINT

Coincée dans les bouchons sur mon « biche cruiser » rutilant dans « la fraîcheur du rosé du matin », arrêtée derrière une certaine voiture du peuple d’où, en chœur à l’unisson, s’époumonaient « la part des anges » des gaz d’échappements et un tube rétro love des « Biche Boys », je commençais à  « voir rouge » ! Je me voyais déjà arriver en retard d’un quart d’heure américain !

Pour autant, les réminiscences d’une étrange et lugubre ombre tarabiscotée, funeste et furtive vision ectoplasmique, du genre rocambolesque perspective depuis le bord d’une route biscornue perdue dans la « verte champagne », me tenaient la grappe depuis quelques temps déjà.

J’étais dans ma bulle, Rue Chaptal, devais-je y déceler un signe ?

Je reconnais que sur fond de crise en thème, les monuments morts du passé industriel, aussi macabres soient-ils, m’ont toujours fait forte impression émotionnelle. D’ailleurs, à la veille de la Toussaint, l’idée d’aller me recueillir en un tel lieu pour honorer quelques mémoires d’outre-tombe me « charmat ».
Je décidai donc de rassembler mes esprits en vue de m’y rendre, sans offrande, ma fleuriste étant à cette époque « sur-bouquet » .

Sachant l’entreprise de mes recherches quelque peu « harde », je sollicitai le soir même les éventuels souvenirs  de quelques « hydropotes » présentes à mes côtés le jour où j’aperçus pour la première fois la sombre silhouette du spectre tant convoité. « En vin ». Désireuses de « se montrer coopératives » mais ayant oublié tout souvenir lointain, je me heurtai à des « Je ne cépage, je réfléchis, chai plus », ce qui m’agaçais davantage. « Ca sulfite ! T’es Graves ! Ne bourgogne pas comme, ça ne sert à rien de se crêper le Chinon, je suis Canet je vais me coucher » me répondit une vielle biche qui avait « de la bouteille »!  En grande philosophe, je dis « certes  tu as raison, il faut prendre les choses à l’alcool ». Il est vrai qu’avec l’âge on rame au lit. Encore jeune dans mes baskets, je passai donc la nuit à « compter les mouton-Cadet », ce qui me permit entre autre de faire des sommes !  J’en avais mal au crâne.  J’avalai un bon « Medoc », me remit en quête du lieu convoité. Si je devais rester sur un échec, « ma vendeange serais terrible ! ». Je « Fitou » pour trouver la solution, et après  décantation, macération et un café « grand cru », je trouvai le « Chemin des Rêves » alors que le « Carignan de midi » résonnait déjà.

Il était temps de partir en pérégrinations organoleptiques sur fond de musique bat-cave, un must de circonstance idéale pour déambuler au « fût et à mesure » entre toiles d’araignées, chauves-souris « ivres au volant »  et cuves cadavériques à deux doigts de la décomposition. L’odeur putride de la lente agonie et de la mort me reste encore au fond de la gorge, « je vous en fait le sarment ! ».

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